La Fédération ivoirienne parie sur la professionnalisation des clubs

L1

La Fédération ivoirienne de football (FIF) a entrepris de réorganiser la participation de ses membres à ses compétitions officielles.

La Ligue1, le championnat d’élite du football ivoirien saison 2019-2020, débute le 17 août prochain, avec 14 clubs dont les deux promus, Issia Wazi et Sol Fc d’Abobo.

Plusieurs fois évoqué, le cahier des charges obligatoire pour les participants aux compétitions de la Fédération ivoirienne de football est effectif cette saison. 

Ce sont des règles spécifiques décrivant l’ensemble des prescriptions obligatoires assorties de sanctions à satisfaire par les clubs et qui ont été élaborés en collaboration avec ces derniers : “Cela fait un certain temps qu’on a élaboré ce cahier. C’est son application qui posait problème. On n’a jamais trouvé le moment idéal. Cette année, on s’est dit qu’il fallait commencer. Si on veut attendre que toutes les conditions soient réunies, on ne l’appliquera jamais“, explique Laurent Boli, président délégué de l’Afad.

Le document présenté aux clubs regroupe les conditions et modalités de participation au championnat, les modalités de contrôle des gestions administratives et financières et les sanctions prévues en cas d’infraction. 

Ainsi, pour cette saison 2019-2020 qui démarre la semaine prochaine, les clubs devront remplir deux catégories de conditions : les conditions administratives et juridiques et les conditions matérielles et financières.

Siège FIF_8

Au niveau administratif, chaque club doit avoir, au préalable, une licence club délivrée par la Fédération ivoirienne de football. Cette licence est octroyée à ceux qui disposent d’un siège administratif à usage de bureaux, équipé et qui dispose d’un personnel administratif (un chargé de la gestion administrative, un responsable financier, un responsable de la sécurité, un staff médical, un entraîneur titulaire en charge de l’équipe fanion et un entraîneur titulaire en charge des catégories jeunes).

Les membres du personnel doivent obligatoirement disposer d’un contrat de travail. Enfin, sur le plan juridique, le club doit ajouter à son dossier déjà déposé à la Ligue professionnelle de football, les copies des documents juridiques (statuts et règlement intérieur, récépissé de déclaration au ministère etc.).

Les salaires désormais garantis aux athlètes

Cela ne fait aucun doute, les premiers grands bénéficiaires de l’adoption du cahier des charges, ce sont les athlètes et les encadreurs. Dans les conditions matérielles et financières des prescriptions, les clubs ont désormais l’obligation d’être à jour du paiement des salaires et des primes des joueurs. La Fif a insisté sur le fait que les salaires versés par les clubs doivent être conformes au salaire interprofessionnel minimum garanti (Smig) en vigueur en Côte d’Ivoire. C’est l’un des points importants des critères financiers qui oblige les clubs à tenir une comptabilité régulière au début de chaque saison sportive et avant l’ouverture du championnat. Les clubs devront également fournir à la Fif un budget équilibré en recettes et dépenses d’au moins 100 millions de FCfa. La faîtière met également l’accent sur la formation en demandant aux clubs de consacrer au moins 10% des recettes globales à la formation et l’encadrement de ses joueurs des catégories minimes et juniors, dans le cadre d’une structure de formation créée dans les conditions fixées par la direction technique nationale.

Outre les critères financiers, la Fif a également élaboré des dispositions au niveau sportif et matériel. Ainsi, tout club qui prétend participer au championnat d’élite de Côte d’Ivoire devra obligatoirement avoir en son sein une équipe senior, une équipe junior et une équipe cadette qui participeront également aux compétitions de leur catégorie qu’organisera la Fédération.

Concernant les infrastructures, la Fédération impose désormais au club d’avoir un stade de football de 500 places assises minimum, homologué et disponible pour toutes les compétitions nationales et internationales. Avoir également un terrain annexe pour accueillir les compétitions des jeunes.

 Un contrôle obligatoire

Bien entendu, la faîtière du football ivoirien se réserve le droit d’effectuer un contrôle sur la gestion de tous les clubs. A cet effet, elle compte s’appuyer sur la commission d’audit de la Fif ou un cabinet indépendant d’expertise comptable pour la réalisation des audits. Ce contrôle se fera sur présentation de pièces, par la revue de la comptabilité et autres documents du club. Les clubs devront ainsi transmettre à la Fif, avant le début de la saison, une liste nominative des joueurs salariés-liés par des contrats homologués par la faîtière- accompagnée de la police d’assurance couvrant les risques liés à la pratique du football. Pour vérifier également que les salaires sont effectivement versés aux joueurs, les clubs doivent transmettre à la Fif, à la fin de la première semaine de chaque mois, un bordereau faisant état de tous les salaires versés. Le cahier des charges précise également que les clubs doivent rendre compte annuellement de l’utilisation de l’ensemble des fonds alloués par la Fédération dans le cadre de la subvention ou de tout autre fonds.

Ce qui est prévu en cas de manquement 

L’exclusion, la rétrogradation en division inférieure et des amendes sont prévues en cas de non-respect de l’une des dispositions contenues dans le cahier des charges.

Ainsi, il est précisé que tout club qui ne produit pas ses états financiers, notamment le bilan certifié par un expert-comptable agréé, est passible d’une amende de 500 000 FCfa. Les clubs qui se rendent coupables également d’une comptabilité délibérément fausse ou irrégulière, dûment constatée, sont passibles de rétrogradation en division inférieure. Tout club qui s’oppose au droit de la Fif d’exercer son contrôle sera passible d’une amende de 1 500 000 FCfa.

Si le manquement persiste, le club s’expose à une exclusion de la coupe nationale de Côte d’Ivoire, du championnat de Ligue1 et à une rétrogradation en division inférieure.