Victor Gomes, l'arbitrage sa passion

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Il est du genre à courir sur le terrain avec le sourire aux lèvres et cela s'explique. En effet, pour l'arbitre sud-africain Victor Gomes, l'arbitrage n'est pas un métier, mais une passion et un hobby qu'il aime pratiquer depuis l'âge de 14 ans.

« Pour moi, ce n’est pas un travail mais une passion et j’en suis très épris. J'adore l'arbitrage et cela me facilite la tâche. C'est un engagement à vie », déclare Gomes en s'adressant à CAFOnline.

L'homme de 37 ans est arbitre Elite FIFA / CAF depuis neuf ans; une aventure faite d'endurance, de travail acharné et d'engagement, au cours de laquelle il a officié à l'occasion d'un peu plus de 250 matches de haut niveau.

"Pour être honnête, je n'étais pas vraiment un bon joueur. J'adorais l'arbitrage et parfois, je suppliais mon entraîneur de me laisser arbitrer. C'est là où j'ai réalisé que j'avais l'arbitrage dans le sang" Victor Gomes

Né en Afrique du Sud de parents portugais, Gomes devient très vite passionné de football comme la plupart des jeunes de son âge. Ses frères jouaient au football tandis que son père, originaire de l'île portugaise de Madère, a toujours été un amateur du beau jeu.

«J'avais l'habitude de jouer au football pour une équipe locale de la ligue régionale en tant qu'arrière droit, mais pour être honnête, je n'étais pas vraiment un bon joueur. J'adorais l'arbitrage et parfois, je suppliais mon entraîneur de me laisser arbitrer. C'est là où j'ai réalisé que j'avais l'arbitrage dans le sang », raconte Gomes.

La passion a atteint son apogée en 1998 alors qu'il regardait la Coupe du Monde de la FIFA en France. Tandis que tout le monde se s'intéressait qu'aux joueurs, Gomes voyait son attention se focaliser sur les "hommes en noir".

« J'étais vraiment excité par cela et j'ai contacté la Ligue locale pour demander comment je pouvais m'impliquer et c'est comme ça que j'ai commencé. J'ai fait les niveaux un et deux pour commencer, puis j'ai eu quelques matches en tant qu'arbitre assistant. Au fur et à mesure que j'avançais, j'avais plus de matches et de formations et j'ai progressé au fil des ans », explique Gomes.

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Il s'est fixé un objectif, travaillant dur et impressionnant à chaque match et à l'âge de 28 ans en 2011, il reçoit la plus grande reconnaissance, la certification FIFA/CAF.

Gomes a ensuite arbitré de nombreux matches de la Ligue des Champions de la CAF Total et de la Coupe de la Confédération de la CAF Total, les Coupes d'Afrique des Nations Total Guinée-Equatoriale 2015 et Égypte 2019, la Coupe d'Afrique des Nations U-17 Total Gabon 2017 et la Coupe du Monde U-17 de la FIFA Brésil 2019.

Il faut également y ajouter les nombreux autres matches dans l'élite sud-africaine ainsi que les éliminatoires de la CAN et de la Coupe du Monde sur le continent.

«C'est une aventure très intéressante et je suis vraiment content de la façon dont les choses se sont passées pour moi. Je suis reconnaissant envers les personnes qui m'ont soutenu jusqu'aujourd'hui », dit Gomes.

Le père de deux enfants admet que cela n'a pas été un lit de roses en essayant de tout équilibrer autour de sa vie. En plus d'être l'un des meilleurs arbitres africains et un père de famille, Gomes dirige également des entreprises en Afrique du Sud. Il possède une entreprise de fabrication de plastique ainsi qu'une usine de traitement de l'eau.

“Je ne serais pas là où je suis aujourd'hui sans le soutien de ma famille." Victor Gomes

Toutes ces activités l'occupent si bien que le plus souvent, il se considère chanceux d'avoir un peu de temps pour se reposer et avoir une vie sociale.

«Ce n'est certainement pas facile mais je suis heureux car j'ai la chance d'avoir du soutien. J'ai de la famille, des amis et des collègues qui jouent un rôle important en m'épaulant. Si vous voulez réussir, vous devez avoir de très bonnes bases », explique-t-il.

«Dans mon entreprise, j'ai un partenaire qui fait les choses quand je ne suis pas là et aussi grâce à la technologie, on peut toujours faire bouger les choses même quand on n'est pas là. L'arbitrage implique beaucoup de voyages et vous êtes absent pendant tellement de temps, mais il est important d'avoir des gens pour vous soutenir », ajoute Gomes.

Il dit que ce qui l'a aidé à trouver un juste équilibre entre les trois, c'est la discipline et la bonne gestion du temps. Il explique qu'il a dû parfois s'entraîner la nuit juste pour s'assurer que tout autour de lui fonctionnait parfaitement. Sa femme, dit-il, a été au cœur de sa carrière.

«Je ne serais pas là où je suis aujourd'hui sans le soutien de ma famille. Ma femme a été mon pilier, ma force et ma meilleure critique. Elle regarde tous mes matches et si je faiblis, elle est toujours la première à me dire «hé mon ami, tu dois te reprendre», Elle m'a toujours apporté son appui », note Gomes.

Pendant quelques semaines, l'arbitre professionnel a du rester loin de sa famille. Il est resté dans la bulle bio-sécurisée de la Premier Soccer League (PSL) lorsque l'élite sud-africaine s'est retrouvée pour la fin de saison après l'arrêt de quatre mois causé par la pandémie de COVID-19

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Gomes se dit soulagé de revenir enfin sur le terrain et espère que la vie reprendra son cours normal le plus tôt possible.

« Ca a été une période difficile pour tous ceux qui aiment le football. Je suis heureux que nous puissions enfin revenir mais selon des protocoles très stricts pour terminer la saison. C'est une nouvelle expérience mais j'adore ça jusqu'à présent. La seule chose est que nous devons nous unir et nous assurer de vaincre cet ennemi invincible », note-t-il.

«Tout le monde aspire à atteindre le sommet et la Coupe du monde senior est la cible ultime. Tout comme les joueurs et les entraîneurs, participer à la Coupe du monde est un rêve et il en va de même pour nous arbitres. C’est ce à quoi j’aspire et je continuerai à travailler dur, à rester concentré et à garder les pieds sur terre ».

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Gomes s'attend à ce que davantage d'arbitres africains honorent la scène mondiale, notant qu'il y a eu une amélioration conséquente au fil des ans en raison de l'investissement de la CAF pour élever le niveau et les connaissances des officiels de match africains.

«Nous avons de très bonnes structures d'arbitrage et je suis reconnaissant envers la CAF d'avoir investi du temps, des efforts et de l'argent dans l'arbitrage. La CAF a vraiment investi en nous et notre directeur Eddy Maillet a aidé à transformer l'arbitrage en Afrique.

«Nous nous sommes beaucoup améliorés et les arbitres d'élite produits hors du continent se débrouillent très bien», déclare-t-il.